Changement climatique : comment les PME peuvent renforcer leur résilience dès aujourd'hui

30 juillet 2026

Changement climatique : comment les PME peuvent renforcer leur résilience dès aujourd’hui

Viva organiser une série de webinaires sur des thématiques précises. Le premier de la série concernait les risques climatiques et réunissait plusieurs spécialistes :

  • Sonia Seneviratne, climatologue à l'EPF Zurich et vice-présidente du Groupe I du GIEC, a apporté un éclairage scientifique sur l'évolution du climat en Suisse et les scénarios futurs.
  • David Vernez, responsable du Département Travail, Santé et Environnement d'Unisanté et professeur à l'Université de Lausanne, a présenté les conséquences du changement climatique sur la santé au travail et l'organisation des entreprises.
  • Thomas Innocenti et Jérôme Dubois, experts de l'ECA Vaud, ont partagé leur expérience en matière de prévention des risques naturels, de résilience des bâtiments et d'assurance.

Leurs interventions convergent vers un même constat : les entreprises ont tout intérêt à anticiper dès aujourd'hui les effets du changement climatique.

Les vagues de chaleur, les fortes précipitations ou les perturbations des chaînes d'approvisionnement ne sont plus des événements exceptionnels. Pour les entreprises, ces phénomènes deviennent progressivement une nouvelle réalité à intégrer dans leur gestion des risques.
C'est l'un des principaux enseignements du webinaire organisé par le Canton de Vaud, qui réunissait des experts du climat, de la santé au travail, de la prévention des risques naturels et de l'assurance.
Le constat est clair : il ne s'agit plus de savoir si les entreprises seront concernées, mais comment elles peuvent s'y préparer.

Le changement climatique est déjà une réalité

Comme l'a rappelé Sonia Seneviratne, la Suisse se réchauffe déjà plus rapidement que la moyenne mondiale. Les épisodes de chaleur extrême, les fortes précipitations ou les sécheresses ne sont plus des événements exceptionnels mais des phénomènes appelés à se répéter plus fréquemment.

Autrement dit, les événements que nous considérions encore récemment comme exceptionnels tendent à devenir la norme.

Pour les entreprises, cela signifie qu'il faut désormais intégrer ces évolutions dans les décisions d'investissement, l'organisation du travail et la gestion des risques.

Une entreprise peut être touchée de multiples façons

Lorsqu'on évoque le changement climatique, on pense souvent aux catastrophes naturelles. Pourtant, les impacts sont bien plus larges.

Une PME peut être confrontée à :

  • une baisse de la productivité lors des fortes chaleurs ;
  • une augmentation des risques pour la santé et la sécurité des collaborateurs ;
  • des dommages aux bâtiments ou aux équipements lors d'événements météorologiques extrêmes ;
  • des interruptions d'activité ;
  • des difficultés d'approvisionnement lorsque des fournisseurs sont eux-mêmes touchés.

Même sans subir directement un sinistre, une entreprise peut voir son activité perturbée par les conséquences du changement climatique sur ses partenaires ou ses clients.

Commencer par protéger les collaborateurs

David Vernez souligne que les épisodes de chaleur ne se traduisent pas seulement par un inconfort : ils augmentent la fatigue, diminuent la vigilance et accroissent le risque d'accidents du travail. Adapter l'organisation du travail devient donc une mesure de prévention autant qu'un enjeu de performance.

Pour de nombreuses PME, les premières mesures relèvent davantage de l'organisation que de lourds investissements :

  • adapter les horaires lors des périodes les plus chaudes ;
  • déplacer les tâches physiques aux heures les plus fraîches ;
  • prévoir des pauses supplémentaires ;
  • mettre à disposition des espaces ombragés ou rafraîchis ;
  • sensibiliser les équipes aux risques liés à la chaleur.

Ces adaptations concernent bien sûr les métiers exercés en extérieur, mais également certaines activités industrielles ou les bâtiments fortement exposés à la chaleur.

Renforcer la résilience de l'entreprise

De leur côté, Thomas Innocenti et Jérôme Dubois rappellent que les coûts les plus importants ne sont pas toujours les dégâts matériels. Une interruption d'activité ou une rupture d'approvisionnement peuvent avoir des conséquences économiques majeures, parfois insuffisamment couvertes par les assurances classiques.

Quelques questions peuvent servir de point de départ :

  • Mon bâtiment est-il adapté aux épisodes de chaleur et aux fortes précipitations ?
  • Quels événements climatiques pourraient interrompre mon activité ?
  • Mes fournisseurs sont-ils concentrés dans une seule région ou un seul pays ?
  • Dispose-je d'un plan de continuité en cas d'interruption de production ou de livraison ?
  • Les assurances couvrent-elles réellement les pertes d'exploitation liées à un arrêt d'activité ?

Se poser ces questions en amont permet souvent d'identifier des mesures simples, avant qu'un événement ne mette l'entreprise en difficulté.

L'adaptation fait désormais partie de la stratégie d'entreprise

L'un des messages les plus marquants du webinaire est que l'adaptation ne doit plus être considérée comme une réponse ponctuelle à une canicule ou à une inondation.

Elle devient un élément de la gestion des risques, au même titre que la cybersécurité, la santé au travail ou la continuité des activités.

Les entreprises disposent déjà de nombreuses ressources pour agir : recommandations des autorités, outils de prévention, cartes des dangers naturels ou encore accompagnement par les spécialistes de la sécurité au travail.

L'essentiel est d'engager la réflexion dès aujourd'hui, afin de transformer ces nouveaux défis en opportunités d'amélioration de la résilience de l'entreprise.

À retenir

Le changement climatique n'est plus uniquement un enjeu environnemental. Il influence désormais les conditions de travail, les infrastructures, les chaînes d'approvisionnement et la continuité des activités.

Pour les PME, les premières actions consistent souvent à mieux identifier leurs vulnérabilités, adapter leur organisation et anticiper les risques. Plus ces démarches sont engagées tôt, plus elles permettent de limiter les impacts humains, opérationnels et économiques des événements climatiques à venir.

Les 5 questions à se poser

✔️ 1. Mes collaborateurs sont-ils suffisamment protégés lors des épisodes de forte chaleur ?

Les horaires, les pauses ou l'organisation du travail sont-ils adaptés lorsque les températures augmentent ?

✔️ 2. Mon bâtiment est-il prêt à faire face aux événements climatiques ?

Canicule, fortes pluies, grêle ou ruissellement peuvent-ils impacter mon activité ?

✔️ 3. Suis-je dépendant d'un fournisseur ou d'une région particulièrement exposés ?

Ai-je identifié des solutions alternatives en cas de rupture d'approvisionnement ?

✔️ 4. Quelles seront réellement les conséquences financières d'un arrêt d'activité ?

Mes assurances couvrent-elles uniquement les dommages matériels ou également les pertes d'exploitation ?

✔️ 5. Ai-je intégré le changement climatique dans ma gestion des risques ?

Comme pour la cybersécurité ou la santé au travail, la résilience climatique mérite désormais d'être intégrée dans la stratégie de l'entreprise.